Nouvelles - 9 décembre 2022

Un gros plan sur... Shayp

Ecrit par Alexandra Barraquand 5 min de lecture

Info

Cette page, initialement publiée en anglais, vous est proposée en français avec l’aide de traducteurs automatiques. Un retour ? Contactez-nous

Déjà adoptée dans plus de 4000 bâtiments en Europe, la technologie de Shayp a été installée dans le cadre d'un projet pilote en collaboration avec Engie Solutions dans trois bâtiments et centres de formation d'apprentis agricoles d'un lycée professionnel des Ardennes, en France, en janvier 2021.

Cette installation a été impulsée par un contact avec la Région Grand Est par la Fondation Solar Impulse et a permis le lancement d'un projet à plus grande échelle visant à installer la technologie dans plus de 86 lycées de la Région Grand Est à partir d'avril 2022.

Quelle était donc la problématique ? La surconsommation d'eau dans les bâtiments et l'ignorance des volumes gaspillés.

Les écoles et les universités sont confrontées au problème du gaspillage d'eau plus que tout autre type de bâtiment. En effet, les vieilles canalisations et les nombreux utilisateurs augmentent les risques de fuites et usent plus rapidement les infrastructures. Par exemple, à l'Université de Toulon, 50% de la consommation d'eau était liée à des fuites. En parallèle, l'impact du réchauffement climatique nous rend de plus en plus sujets à des pénuries d'eau qui touchent toutes les régions : en mai 2022, la France a battu un record de printemps avec 38 jours consécutifs de chaleur provoquant 54 arrêtés de restriction d'eau dans 16 provinces.

Face à ce problème, une majorité de bâtiments scolaires n'ont pas conscience de leur consommation. Ils paient la facture sans se poser de questions. Dans d'autres cas, où les ressources sont plus importantes et où le personnel a été sensibilisé, des responsables de maintenance qualifiés relèvent manuellement les compteurs qui sont ensuite transférés dans des fichiers excel pour suivre l'évolution de la consommation d'eau potable sur plusieurs mois/années. Il existe également une méthode "opportuniste" de détection des fuites, avec un utilisateur du bâtiment (par exemple un étudiant) qui alerte le gestionnaire d'une infrastructure qui fuit, ou un gestionnaire de maintenance qui fait le tour d'un bâtiment tous les soirs à la recherche de fuites apparentes dans les robinets ou les chasses d'eau. Cependant, la limite de ce système, outre le temps de réaction inévitablement long, est l'impossibilité de détecter de très petites fuites avant qu'elles n'aient un impact significatif ou n'aggravent l'état de l'infrastructure. 95 % des fuites d'eau ne sont ni visibles ni détectées.



LA SOLUTION: Un système de détection et de gestion des fuites d'eau pour le bâtiment, appelé SHAYP.

La solution comprend un capteur connecté au compteur d'eau du service public, un accès en ligne à une plateforme de suivi de la consommation pour les gestionnaires du bâtiment, et un service de maintenance en cas de fuites.

Le système mesure à haute fréquence de très petites différences de consommation d'eau là où elles ne sont pas ou peu susceptibles de se produire et en déduit des fuites. Les anomalies de consommation détectées sont alors communiquées au gestionnaire du bâtiment par SMS ou via une application mobile - exemple de SMS ou de mail : "Fuite détectée de 22 litres par heure en CFA/CFPPA ! Si elle n'est pas réparée, elle peut augmenter votre facture annuelle de 224EUR. On estime que la fuite est en cours depuis 7 jours. Découvrez ce que vous pouvez faire en cliquant sur le lien ci-dessous : " avec indication de l'endroit où ils doivent rechercher l'anomalie et des conseils sur le profil de fuite en fonction du profil de l'anomalie (chasse d'eau, robinet, tuyau, etc.).



Pour les fuites non trouvées, l'entreprise met à disposition des responsables de maintenance spécialisés pour assister le technicien avec d'autres outils (IR, acoustique...).





Valeur ajoutée

  • Granularité > Une granularité très fine de la collecte des données au niveau du compteur d'eau - toutes les 30 secondes (jusqu'à 7 secondes). Cela vous permet de connaître en temps réel votre consommation d'eau et de détecter plus rapidement les anomalies et les fuites.
  • Plug & Play > Un système qui peut être mis en place sans toucher à la plomberie du bâtiment (pas de tuyaux modifiés/coupés) car le boîtier est installé sur le compteur d'eau existant (99% des compteurs d'eau sont compatibles à condition que le compteur ne soit pas trop vieux et que vous ayez accès au compteur). Donc, une installation plus rapide (5-15 minutes) et la possibilité d'un déploiement en une journée sur plusieurs bâtiments (50 compteurs d'eau peuvent être équipés en moins de 10 jours).
  • Autonomie énergétique > Autonomie énergétique du système sans consommation d'électricité ou de wifi - une carte SIM envoie les données à la plateforme - pour faire fonctionner le boîtier grâce à une batterie intégrée à changer tous les 10 à 15 ans.

Bénéfice environnemental

Calculé sur le mois de mai 2022 réalisé par l'installation de la technologie sur les deux bâtiments de l'EPLEFPA du balcon des Ardennes.



Plongeons ensuite dans une mise en œuvre concrète, avec le cas d'un lycée agricole dans les Ardennes.

Rentabilité du projet

  • Budget total : 3 000 euros

  • Détails : 3 bâtiments équipés chacun d'un datalogger, 1000 € par bâtiment pour le service complet de Shayp (de l'installation du matériel à l'accès à notre plateforme, la détection automatique des fuites, le support client etc...). Le service supplémentaire "réparation des fuites" avec un prestataire externe ne faisait pas encore partie de l'offre pour ce projet pilote.

  • Financier : Région-Grand Est (100%) - public

  • Retour sur investissement : 8 mois.



LA SUITE : Comment la solution sera-t-elle mise en œuvre à plus grande échelle dans la Région Grand Est ?

En s'intégrant dans une relation de confiance qui existait déjà entre la Région Grand Est et son prestataire ENGIE Solutions.

Après le projet pilote sur le Lycée Agricole du Balcon des Ardennes, un nouveau projet de mise en œuvre de la Solution Shayp est prévu dans 86 lycées de la région et est porté par 3 acteurs complémentaires :

  • La Région Grand-Est, propriétaire des 86 bâtiments concernés.

  • Engie Solutions, gestionnaire de maintenance agréé par la Région Grand-Est

  • Shayp, le fournisseur de la solution

La Région, à la recherche de solutions innovantes pour lutter contre le gaspillage de l'eau dans les bâtiments, a lancé un appel d'offres.

Shayp étant une petite structure et ne connaissant pas la région, l'entité a préféré trouver les moyens d'éviter de passer par un appel d'offres seul en entrant en discussion avec Engie Solutions - qui collaborait déjà avec la Région Grand Est en tant que gestionnaire de maintenance d'un grand portefeuille de bâtiments et donc partenaire privilégié de la région. A l'époque, Engie Solutions ne disposait pas de solutions internes pour numériser les compteurs d'eau afin de lutter contre le gaspillage dans les bâtiments.

Après avoir mis en concurrence plusieurs technologies, Engie Solutions a choisi d'intégrer la solution de Shayp dans sa propre plateforme de gestion de l'énergie basée sur le cloud et les deux entités ont fini par collaborer pour soumissionner ensemble sur le projet.

Aujourd'hui, Engie Solutions s'occupe de l'installation de la technologie de Shayp dans les 86 lycées de la région Grand Est ainsi que de la compatibilité avec les compteurs d'eau du réseau.

BARRIÈRES ET PISTES RÉGLEMENTAIRES


Obstacles

  • Le manque de transparence

Les limites pratiques au déploiement de systèmes tels que Shayp sont, d'une part, l'obsolescence des compteurs d'eau, et d'autre part, la non-transparence des grandes compagnies d'eau qui ont pris l'habitude de garder le contrôle et la visibilité des relevés de consommation, bloquant par la même occasion la démocratisation de l'accès aux données de consommation pour les usagers/propriétaires d'immeubles.

  • Le réflexe "ça arrive aux autres

Un obstacle réside également dans les cas où les personnes sont habituées à un certain niveau de facture d'eau qui ne varie pas de manière significative ; elles ne reçoivent donc pas le signal fort et ignorent que 40% de cette facture peut être due uniquement à des fuites. En revanche, les personnes les plus susceptibles d'agir sur leur consommation d'eau seront celles qui ont connu des variations très importantes et parfois traumatisantes du montant de leur facture, ou qui ont subi des dégâts des eaux qui leur ont fait perdre des biens précieux.

Actions réglementaires

  • Intégrer l'eau dans les programmes de régulation énergétique des bâtiments

En France, le décret sur le secteur tertiaire oblige les bâtiments du secteur tertiaire de plus de 1 000 mètres carrés à déclarer leurs données de consommation d'énergie gaz et électricité, mais pas leurs données de consommation d'eau. La CNCCR ne l'inclut pas car elle considère que l'eau est une ressource et non une énergie, même si elle fait partie de la vie du bâtiment. Une piste d'amélioration serait d'ajouter l'eau à ce décret comme cela a été fait en Belgique dans le programme PLAGE (Plan d'action local pour la maîtrise de l'énergie), établi en 2005 et qui sera modifié en 2022 pour inclure les données de consommation d'eau potable.

  • Imposer la transparence des données des compteurs aux compagnies d'eau

Enfin, les pouvoirs publics ont la marge de manœuvre et la légitimité pour réglementer directement les obligations de transparence des compagnies d'eau, qui devraient donner accès aux données des compteurs en temps réel, à l'instar de la Belgique, où les compagnies d'eau sont tenues de donner accès aux données de consommation des bâtiments publics et privés.

Vous aimez cet article ? Partagez-le avec vos amis !